12 juillet 2005

Intervention de Jean-François PERNIN au Conseil de Paris sur les déplacements

Jean-François PERNIN, élu du 12eme, est intervenu lors du Conseil de Paris des 11 et 12 juillet, sur les déplacements à Paris


" Monsieur le Maire,


Mes Chers Collègues,




Une nouvelle fois nous ouvrons le dossier des déplacements dans la capitale à l'occasion de l'élaboration du Plan de déplacements de Paris. Une nouvelle fois, nous avons la possibilité, et non l'obligation de débattre d'enjeux écologiques, sociaux et économiques qui, en fait, sont tributaires d'une réflexion stratégique collective à l'échelle de l'agglomération. Une nouvelle fois, nous affirmons que ce problème de déplacements dans la capitale, comme celui de l'emploi, ne seront pas réglés, s'ils ne sont pas traités d'une façon globale. C'est à dire en liaison très serrée avec la région Ile de France. Chaque jour, en effet, près de
800 000 franciliens viennent travailler dans la capitale et parallèlement, plus de 300 000 parisiens vont travailler en banlieue.

Certes la loi n'envisage pas aujourd'hui une dimension régionale pour résoudre ces problèmes de flux quotidiens. Cela est regrettable. Certes la ville, avec raison, travaille en liaison avec les communes riveraines mais rien nous empêche, à nous les élus parisiens, de réclamer une autorité unique, peut être une communauté urbaine, afin d'appréhender la situation en amont. D'autant plus que la région est devenue responsable des transports en Ile de France avec tous les problèmes financiers afférents à cette situation.

Une autorité unique, il n'y a pas d'autre solution. Et nous à l'UDF sommes prêts au dialogue pour réfléchir à cet enjeu fondamental pour notre région. Voilà, Monsieur le Maire, une vraie question qui nous concerne tous parce qu'il s'agit de notre avenir commun.

A propos de notre débat d'aujourd'hui, toutes les questions des déplacements dans la capitale reviennent sur le tapis. Nous avons ici même débattu dans la clarté, du projet du tramway sur les boulevards des Maréchaux. Projet pour lequel nous avons affiché clairement notre soutien. Ensemble, sous l'ancienne mandature, nous avons voté ce projet, ensemble nous poursuivons sa réalisation et ensemble nous inaugurerons les premières rames. Sur cette affaire tout a été dit, il est donc inutile de rouvrir le débat.

Lutter contre la pollution tout en facilitant la vie des parisiens dans les déplacements, telle est bien aujourd'hui la problématique. Nous l'avons déjà dit : nous devons être audacieux et responsables. Pour n'avoir point élaborer en collaboration avec la Préfecture de Police un nouveau plan de circulation dans la capitale tenant compte de la politique voulu par la municipalité, nous nous trouvons aujourd'hui face à des embouteillages provoqués par des aménagements de voirie indépendants les uns des autres. Il apparaît donc que la politique de la ville pour lutter contre les nuisances qui était une bonne politique se dilue jour après jour dans une guerre idéologique contre la voiture réduisant ainsi à néant les efforts demandés, avec raison, pour lutter contre cette pollution. Combien d'aménagements provoquent des embouteillages, facteur de nuisances, dans des avenues et des rues dont la circulation était fluide il y a encore quelques semaines ou quelques mois, sans oublier les engorgements des voies secondaires.

La diminution des places de stationnement et de parking aggrave la situation. Ce qu'il faut au contraire c'est favoriser, comme nous l'avons déjà souligné, la création de parcs de stationnement autour de Paris et dans les gares franciliennes afin de permettre aux habitants de la région Ile de France de laisser leur voiture aux portes de la capitale. Mais il faut également créer des parkings résidentiels pour permettre aux parisiens de laisser leur véhicule en sous-sol et non pas en surface, puisque la ville veut récupérer l'espace pour d'autres formes de déplacements ou d'activités.

A propos des déplacements dans Paris, votre politique, Monsieur le Maire, ne peut réussir sans le concours de la RATP. Or aujourd'hui, force est de constater que celle-ci n'est pas à la hauteur. Le nombre d'autobus n'a pas été augmenté alors que les couloirs de bus ont été créés sur la chaussée afin de faciliter leur circulation. Par ailleurs, le métro est sans cesse stoppé par "des incidents techniques" des pannes et autres arrêts qui portent préjudice à la réputation de la régie. Telle est bien la question qui est posée pour mettre en œuvre l'efficacité d'un plan de circulation qui veut valoriser les transports en commun.

Enfin, vous proposez d'avoir recours à des pratiques logistiques plus respectueuses de l'environnement en privilégiant notamment le transfert de la route vers le chemin de fer et la voie d'eau, en cohérence avec la création dans le PLU de la zone de Grands services urbains. Le transport des marchandises est un sujet extrêmement important car il détermine à la fois le Paris capitale économique et le Paris ville à vivre. C'est de la Seine que peut venir notamment la réponse pour le transport des marchandises. Il faut que notre municipalité soit particulièrement ambitieuse avec son fleuve et se le rappropie entièrement, y compris ses berges. Il y a place pour le loisir mais aussi pour le fret. Les denrées périssables trouvent ainsi un e entrée dans le centre même de notre ville et pourquoi, en effet, s'interdire de réfléchir à l'utilisation des rails du métro la nuit pour le transport périssable. Son maillage est un outil extraordinaire.

Mais votre proposition concernant le transport du fret comporte en elle même une interrogation. Allez-vous laisser inscrire dans le PLU la Petite Ceinture dans la zone des Grands services urbains ? Ce qui voudrez dire la réapparition des trains sur ce site tel que l'annonce un dépliant édité par la Mairie de Paris avant même que l'enquête publique lancée à propos de ce même PLU soit achevée. Je rappelle qu'un vœu de l'exécutif a été voté lors du débat récent que nous avons eu sur ce document d'urbanisme. Ce vœu demandait l'inscription de la Petite Ceinture en zone verte si RFF ne répondait pas favorablement aux questions posées par la ville de voir créer des espaces verts sur ce site ? Où en est-on des réponses de RFF ?

Enfin, Monsieur le Maire, je terminerai mon intervention par deux remarques. La première concerne la concertation. La multiplication des acteurs concernés par ce plan de déplacements à Paris nécessite évidemment la mise en place de diverses formes de concertation. Qui s'en plaindrait ? Mais ce qui s'est passé récemment à propos du PLU nous interpelle. Par exemple, envisage t'on d'envoyer un questionnaire aux parisiens pour connaître leur avis à propos des déplacements dans la capitale ? Et qui rédigera les questions ?

La seconde remarque concerne la vie locale. Comme pour le PLU, il est prévu d'organiser cette concertation avec les conseils de quartier notamment. Rien de plus normal. Mais que deviennent les conseils d'arrondissement ? Ignorés dans l'étude du PLU, ils sont oubliés dans l'élaboration du plan de déplacements. Une nouvelle fois, il y a un dysfonctionnement dans l'organisation de la vie locale. Je vous ai déjà écrit à ce propos, Monsieur le Maire, mais je n'ai eu aucune réponse.

Voilà, Monsieur le Maire, ce que nous voulions dire à propos de l'élaboration du plan de déplacements à Paris. La réflexion ne fait que commencer puisque l'enquête publique par la loi serait organisée à l'automne 2006. Nous aurons donc l'occasion d'en reparler et de mesurer le chemin parcouru à cette date. Cette affaire est sérieuse et en aucun cas elle ne doit être examinée avec un esprit partisan car il s'agit de l'avenir quotidien des parisiennes et des parisiens."